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HS II • Chapitre 05 – Franchir La Ligne
par Ruyi ♡Deux semaines plus tard, les examens semestriels touchaient enfin à leur fin.
Tout se jouait désormais sur l’épreuve de physique. Assis à son bureau, Xia Yuhao n’avait jamais été aussi nerveux de toute sa vie. Il avait réussi à valider toutes les autres matières, mais seule ce dernier résultat manquait à l’appel.
Que Dieu me protège, pitié, il faut que je réussisse.
Il voulait tellement participer à ce stage d’entraînement et passer ces nuits à s’exercer aux côtés de Qiu Zixuan… Dieu allait-il enfin exaucer son vœu ?
« Xia Yuhao ! »
La professeure Zhong, qui distribuait les copies depuis l’estrade, venait enfin de prononcer son nom. Il se précipita vers elle, le cœur battant à tout rompre. En recevant la feuille, il fixa son score, le visage d’abord impassible, cherchant son nom parmi les admis. C’était bon. Il y était.
La professeure Zhong lui tapota l’épaule, un soupçon de regret dans la voix : « Tu sais, tu aurais pu avoir une bien meilleure note. »
Mais peu importait la note, seul le résultat comptait. Une fois les cours terminés, Xia Yuhao attrapa son sac et fila vers le gymnase. À son arrivée, il vit que les autres joueurs étaient déjà là. Dès qu’il passa la porte, tous se tournèrent vers lui, le regard chargé d’attente.
« Quels sont tes résultats ? » lui demanda Qiu Zixuan en premier.
Les notes de toute l’équipe avaient déjà été annoncées ; il ne manquait plus que la sienne pour confirmer leur départ. Xia Yuhao laissa échapper un long soupir de soulagement, redressa fièrement la tête et afficha un sourire provocateur, presque suffisant.
« Évidemment que j’ai tout réussi ! »
En réalité, sa note aurait pu être bien plus élevé s’il n’avait pas trébuché sur la seconde moitié de son calcul ; une erreur d’inattention qui lui avait coûté cher. La professeure Zhong ne cessait de répéter que c’était un immense gâchis au vu de son potentiel.
Pour l’examen de physique, il avait eu un problème avec la deuxième moitié de son calcul, ce qui lui avait valu une baisse de son score. La professeure Zong trouvait que c’était dommage, car il aurait pu obtenir une note plus élevée.
Chen Jiajun leva les yeux au ciel, peu impressionné, tandis que le reste de l’équipe s’écria de joie : « Tu vas enfin pouvoir t’entraîner avec nous ! »
Le capitaine He Chengen s’avança fièrement, le torse bombé, avant de tapoter celui de Yuhao d’un geste fraternel.
« Bravo à tous, vous avez fait du bon travail ! Je savais que les membres de notre équipe de volley n’avaient pas que des muscles, mais aussi un cerveau ! C’est un vrai miracle de Dieu ! »
Qiu Zixuan s’approcha à son tour, le sourire aux lèvres. Il leva son poing et frappa doucement le côté gauche de la poitrine de Xia Yuhao dans un geste d’encouragement.
« Bon travail. »
Son regard ne mentait pas : il était sincèrement fier de lui. Ce n’était qu’un coup de poing léger, un simple contact entre coéquipiers, et pourtant Xia Yuhao sentit son cœur être touché de plein fouet.
Pourquoi mon cœur s’emballe-t-il autant pour si peu ?
Le choc résonna bien au-delà de sa poitrine et l’ébranla dans tout son être. Mais déjà, Qiu Zixuan s’était détourné pour mener les joueurs vers le terrain afin de débuter l’entraînement. Xia Yuhao resta immobile un long moment le souffle encore court, incapable de détacher ses yeux qu’il garda rivés sur son dos.
Le lieu du stage était une petite école nichée dans une zone rurale, à Datong*. Comme il n’y avait pas beaucoup d’étudiants inscrits et qu’il leur manquait du personnel, le bâtiment principal de l’école, vide et démodé, commençait à tomber en ruine. Puisque le budget de l’équipe de volley-ball était au plus bas, les joueurs n’avaient pas eu d’autre choix que d’apporter leurs propres sacs de couchage pour dormir à même le sol.
N/T : Datong est une ville historique de la province du Shanxi, dans le nord de la Chine. Elle a servi de capitalep sous plusieurs dynasties, elle occupait une position stratégique près de la frontière et de la Grande Muraille, ce qui en fit longtemps un important centre militaire et commercial. Aujourd’hui encore, la ville est connue pour son riche patrimoine historique.)
Petit clin d’œil : Datong sert également de décor à l’histoire de Hua Hua You Long , où l’on croise notamment un personnage du nom de Lu Cang…
Cliquez-ici pour accéder à la page de l’histoire.
Dans une salle de classe, la professeure Zhong semblait pourtant douce et un brin bavarde, mais dès qu’elle endossait son rôle de coach, elle se transformait en véritable monstre. Comme possédée par un démon, elle ne cessait de hurler sur les joueurs :
« Plus vite ! Courez plus vite ! Vous n’avez rien mangé ce matin ? »
Il ne lui manquait plus qu’un fouet pour ressembler à un dresseuse de cirque impitoyable.
« Encore dix tours ! Silence ! Vous ne trouvez pas qu’il y a déjà assez de bruit comme ça ? »
Après avoir enchaîné vingt tours de piste dès l’aube, plusieurs étudiants de première année, moins endurants, étaient à la limite du malaise. Pourtant, après une pause dérisoire, ils furent immédiatement divisés en binômes pour pratiquer les transitions rapides.
« Chen Jiajun et Xia Yuhao, vous alez tous les deux faire équipe ! » Ordonna la coach.
Zhong n’était pas dupe ; elle voyait bien que les deux garçons ne pouvaient pas se supporter et les avait donc délibérément mis ensemble pour les obliger à s’entendre sur le terrain. Aussitôt, les deux intéressés se mirent à protester bruyamment.
Faire équipe avec lui ? Jamais.
Mais en voyant que les autres avaient déjà former des groupes, ils durent se résoudre à un compromis. L’entraînement commença, mais la tension était palpable. Au moment d’une réception, Chen Jiajun fit un geste calculé : il fit mine d’envoyer la balle de manière à ce que Xia Yuhao doive s’élancer, mais la fit rebondir loin de lui. Xia Yuhao sauta de toutes ses forces, mais ses mains ne rencontrèrent que le vide. Il s’écrasa lourdement au sol, se râpant le bras contre le sol, puis se tourna pour fusiller Chen Jiajun du regard.
Chen Jiajun éclata d’un rire moqueur avant de lui lancer un regard méprisant.
« Espèce de porc ! Tu sais au moins ce qu’est une transition rapide de style A* ? Il faut sauter au moment exact où j’ai la balle en main, pas quand elle est déjà au sol ! »
(N/T : Désigne une attaque rapide au centre, appelée « A » ou Quick A. Il s’agit d’une frappe courte où le central saute juste devant le passeur. Le passeur envoie une balle basse et rapide que l’attaquant frappe de manière quasi instantanée, avant que le contre adverse n’ait le temps de se placer. Cette action se produit souvent en transition (après une défense ou une réception), lorsque l’équipe récupère la balle et enchaîne immédiatement avec cette attaque rapide afin de surprendre les adversaires.)
Xia Yuhao se redressa, la paume encore brûlante d’avoir frappé le vide, et fusilla son coéquipier du regard.
« On recommence ! » lâcha-t-il entre ses dents, insatisfait.
Cette fois-ci, il était préparé. Il entama sa course, mais fit érément un faux mouvement, une feinte subtile pour tester l’intention de son passeur. Chen Jiajun, certain de pouvoir le piéger à nouveau, amorça une autre passe. Mais au moment précis où la balle quittait les doigts de Jiajun, Xia Yuhao s’élança avec une puissance explosive. Il s’éleva dans les airs et percuta le ballon de plein fouet, exécutant une transition rapide de style A absolument parfaite.
Il retomba souplement sur ses pieds et fixa Chen Jiajun avec un air suffisant.
« Hé le porc, c’est comme ça qu’on fait ! »
Inutile de dire que l’insulte fut l’étincelle de trop : les deux garçons recommencèrent aussitôt à se disputer et se déplacèrent jusqu’à être face à face au milieu du terrain. Légèrement à l’écart, Qiu Zixuan ne perdait pas une miette de l’altercation. Il avait appris à rester de marbre face aux imprévus et aux querelles incessantes de l’équipe, mais intérieurement, il était agréablement surpris.
Il a déjà compris comment utiliser des feintes pour tromper l’adversaire…
Il ne s’attendait pas à ce que Xia Yuhao assimile si vite des tactiques aussi complexes. Ce garçon semblait avoir un véritable talent pour le volley-ball.
Le premier jour d’entraînement s’acheva dans un épuisement total. Sous la supervision brutale et stricte de la professeure Zhong, leurs corps avaient été poussés dans leurs derniers retranchements. Tout le monde était si exténué qu’ils avaient du mal à marcher correctement.
Après le dîner, les membres de l’équipe s’installèrent dans le hall de la vieille école, où ils déployèrent leurs sacs de couchage sur le sol poussiéreux. Xia Yuhao balaya la pièce du regard, mais ne vit pas Qiu Zixuan. Inquiet, il ne prit même pas le temps de finir d’installer ses affaires avant de partir à sa recherche dans les couloirs sombres du bâtiment.
Il finit par atteindre le grand vestiaire, où le silence était seulement rompu par un léger clapotis d’eau. Il s’apprêtait à appeler son ami quand, soudainement, un bruit sourd retentit : celui d’un corps qui venait de lourdement chuter. Xia Yuhao se précipita à l’intérieur. Au fond de la pièce, l’un des rideaux de douche était à moitié tiré.
« Qiu Zixuan ? » Lança-t-il, la voix tremblante.
En se dirigeant tout droit vers la cloison, il tomba sur Qiu Zixuan. Celui-ci avait le bas du corps simplement couvert d’une grande serviette de bain et s’appuyait péniblement d’une main contre le mur. Son visage, d’ordinaire si calme, était crispé et laissait deviner sa douleur.
« Qu’est-ce qui t’est arrivé ? » demanda Xia Yuhao, inquièt.
Avait-il donc vu juste ? On dirait que quelque chose lui était vraiment arrivé.
« C’est… Mon pied gauche… J’ai une crampe… » répondit Qiu Zixuan entre ses dents.
D’ordinaire, lors des entraînements au lycée, il n’avait pas besoin de rester debout aussi longtemps. Mais aujourd’hui, il avait tenu à accompagner l’équipe durant toute la journée. Ce trop-plein d’efforts avait fini par réveiller la vieille blessure qu’il avait subie lors d’un accident de voiture et lui provoquait des crampes violentes.
Xia Yuhao l’aida rapidement à sortir de la cabine de douche pour l’installer sur le banc de bois qui se trouvait juste à l’extérieur.
« Laisse-moi jeter un coup d’œil. »
Sans même attendre la réponse de Qiu Zixuan, il s’agenouilla au sol puis saisit délicatement le pied gauche de son ami pour l’examiner attentivement. Un sentiment de gêne envahit subitement Qiu Zixuan qui tenta de retirer sa jambe, mais Xia Yuhao le maintint fermement.
« Fais preuve de patience. »
Xia Yuhao se mit alors à le masser. Ses gestes étaient d’une précision surprenante et était juste ce qu’il lui fallait. Sans pour autant manquer de fermeté, il faisait preuve d’une douceur et d’une prudence presque religieuse pour ne pas aggraver la douleur.
Qiu Zixuan, qui jusque-là était resté silencieux, ne pouvait détacher ses yeux de lui. Grace à la patience et la pression des doigts de Xia Yuhao, la douleur qui irradiait dans son pied s’estompa peu à peu.
Pourquoi Xia Yuhao se préoccupait-il autant de lui ? Qu’est-ce qui l’avait poussé à venir jusqu’ici, alors que tous les autres se préparaient pour aller dormir ?
« Tu te sens mieux ? »
Qiu Zixuan reprit aussitôt ses esprits lorsqu’il réalisa qu’il fixait Xia Yuhao, alors qu’il était perdu dans ses pensées.
« Ça va mieux maintenant, merci. »
Xia Yuhao se contenta de garder les yeux baissés sur la cicatrice qui striait la jambe de son ami. Il ne remarqua donc pas l’expression de honte qui traversa le visage de Qiu Zixuan, chose qui était rare chez lui.
« C’est encore douloureux ? »
Ne pouvant s’en s’empêcher, il tendit la main et effleura doucement la cicatrice du bout des doigts. Ce contact léger provoqua une sensation de picotement sur la peau rugueuse et abîmée. Personne ne l’avait jamais touché de cette manière. Cette cicatrice était si laide que lui-même évitait de la regarder.
Mais alors pourquoi Xia Yuhao, lui, le faisait-il… ?
Lorsqu’il ne reçut aucune réponse, Xia Yuhao finit par lever les yeux et rencontra le regard indéchiffrable de Qiu Zixuan.
À cet instant précis, une envie irrépressible de lui avouer ses sentiments le submergea.
« Qiu Zixuan, je… »
Les mots moururent sur ses lèvres alors que son regard glissait vers le bas. Il réalisa soudainement que Qiu Zixuan ne portait rien d’autre qu’une serviette de bain ; il était pratiquement nu. Contrairement à la plupart des hommes, son corps semblait dépourvu de pilosité et sa peau, encore légèrement humide, brillait d’un éclat sain. En prenant conscience qu’il tenait toujours sa jambe et que ses doigts effleuraient sa peau… Xia Yuhao sentit une bouffée de chaleur lui monter au visage. Son nez le brûlait, comme s’il était sur le point de saigner !
Est-ce que ça ne va pas beaucoup trop vite ?
Il vient de le voir nu avant même d’avoir eu la chance de lui avouer ses sentiments.
« Qu’est-ce qui ne va pas ? » demanda Qiu Zixuan, inquiet en voyant que l’autre avait l’air troublé.
C’est alors que la voix excitée de Chen Jiajun retentit depuis l’extérieur.
« Hé ! Le vestiaire est immense, on n’aura pas à se battre pour les douches ! »
Le groupe se précipita à l’intérieur. Dans le brouhaha, chacun choisit rapidement une cabine et commença à se déshabiller et à se laver. L’un des joueurs s’approcha de la cabine au rideau fermé et s’apprêta à le tirer, quand soudainement, une main jaillit de l’autre côté pour l’en empêcher.
« Il y a quelqu’un qui arrive ! » chuchota Xia Yuhao d’une voix alarmé.
Mais il n’était pas seul dans la cabine : dès qu’il avait entendu le groupe approcher, il avait immédiatement entraîné Qiu Zixuan avec lui pour se cacher, comme s’il craignait qu’on les découvre ensemble.
Confus, Qiu Zixuan lui lança simplement un regard. Voyant l’agitation de son ami, il demanda avec un sourire amusé :
« De quoi as-tu peur ? C’est le vestiaire des hommes, aucune fille n’entrera ici. »
Pris de court, Xia Yuhao resta un instant interdit avant de laisser échapper un rire nerveux.
« Ah, c’est vrai… Haha… » dit-il, embarrassé.
Il ne savait pas ce qu’il lui avait pris. Mais au fond de lui, il savait qu’il ne voulait pas que les autres — et surtout pas cet enflure de Chen Jiajun — ne voient le corps nu de Qiu Zixuan !
NU ? !
Xia Yuhao découvrit alors avec stupeur que, dans leur précipitations pour se cacher, la serviette de Qiu Zixuan était restée sur le banc. À cet instant, Qiu Zixuan était vraiment… Xia Yuhao n’en revenait pas. Il ne parvenait plus à contrôler ses yeux, qui parcourait frénétiquement le corps dénudé de son ami, de haut en bas, puis de bas en haut, gravant chaque détail dans sa mémoire.
Il s’avérait qu’une fois déshabillé, il ressemblait à ça… Il avait l’air… Tellement sexy. L’envie de poser ses mains sur la taille fine de Qiu Zixuan le submergea, avant que son imagination ne s’emballe…
Soudain, une image de Qiu Zixuan accompagnée de sa voix douce envahit son esprit, comme s’il rêvait éveillé. Xia Yuhao sentit que sa tête était sur le point d’exploser et que son nez lui brûlait. Pris de panique, il écarta brusquement le rideau de douche tout en se tenant le nez. Prenant ses jambes à son cou, il n’oublia pas de s’arrêter pour ramasser la serviette sur le banc, avant de la jeter d’un geste sec à Qiu Zixuan et de s’éclipser sans se retourner.
Après s’être enfui des douches, Xia Yuhao ne regagna leur chambre qu’après minuit.
He Chengen était sorti pour le retrouver, mais il ne put que le regarder courir, seul, sur la piste d’athlétisme. C’était étrange : ne venait-il pas de se doucher ? Pourquoi s’épuisait-il ainsi, au point d’être à nouveau trempé de sueur ?
Après l’avoir interpellé à plusieurs reprises, He Chengen n’avait eu comme seule réponse que celui-ci se coucherait plus tard. Lassé, le capitaine avait décidé de l’ignorer et était retourné se coucher dans son sac de couchage.
Xia Yuhao ne savait plus combien de tours il avait enchaînés. Il courait jusqu’à ce que son corps entier soit brûlant, avec pour seule volonté de noyer les images qui l’assaillaient. Son esprit était de souvenirs avec Qiu Zixuan.
Depuis la fois où il l’avait vu faire ce service smashé… Il revit le regard impuissant de Zixuan quand il l’avait aidé à quitter le terrain, sans oublier son dévouement sans faille pour sa sœur — allant jusqu’à s’infliger ces déjeuners atroces — et enfin, cce léger coup de poing sur le torse qu’il lui avait adressé avec un sourire. Tout cela n’était-il que de la camaraderie, ou Qiu Zixuan lui faisait-il des allusions ?
Finalement à bout de forces, il s’allongea de tout son long sur la piste, le souffle court, les yeux rivés vers le ciel étoilé. Ce sentiment vague et incompréhensible qui le tourmentait devint, à cet instant précis, d’une clarté absolue.
Je suis amoureux de Qiu Zixuan !
Xia Yuhao regagna enfin la zone de repos. En parcourant la salle des yeux, il vit que les membres de l’équipe étaient déjà tous endormis, mais seul Qiu Zixuan manquait à l’appel.
Il alla s’allonger sur son sac de couchage et attendit un moment. Ne voyant toujours pas Qiu Zixuan revenir, il se leva et partit à sa recherche.
Lorsqu’il passa devant Chen Jiajun, il le vit en train de câliner un oreiller et de marmonner dans son sommeil :
« Senior… Je te promets… Je t’emmènerai en finale… »
Il souriait bêtement tout en marmonnant à son oreiller. Xia Yuhao lui jeta un regard chargé de dégoût, et se fit violence pour ne pas aller le réveiller.
En quittant la zone de repos, il parcourut plusieurs endroits à la recherche de Qiu Zixuan, mais en vain. C’est finalement dans le grand vestiaire qu’il finit par le retrouver. Il était assis seul sur un banc et il tenait une serviette chaude qu’il appliquait sur sa vieille blessure.
C’était donc sa vieille blessure qui s’était encore réveillée…
Pourquoi est-il si réticent à demander de l’aide ? Cela doit être tellement douloureux pour lui…
Xia Yuhao se demanda même depuis combien de temps il endurai cela.
En marchant silencieusement vers lui, il se rendit compte que Qiu Zixuan s’était presque assoupi. Ce n’est que lorsqu’il se plaça juste devant lui que celui-ci ouvrit soudainement les yeux et leva le regard vers lui.
Sans dire un mot, Xia Yuhao prit place à ses côtés sur le banc.
« Elle ne guérira jamais ? »
« Elle ne pourra jamais guérrir. C’est le mieux que je puisse espérer », lui répondit Qiu Zixuan avec un sourire amer aux lèvres.
Dès que le temps changeait, sa vieille blessure se réveillait. Parfois, la douleur était telle qu’il ne pouvait plus dormir, ni même sortir de son lit, l’obligeant à prendre des jours de repos.
Xia Yuhao l’écoutait, et au fur et à mesure, son visage s’assombrissait de tristesse jusqu’à devenir encore plus sombre que celui de Qiu Zixuan.
« Ne sois pas comme ça. C’est moi qui suis blessé, pas toi. », dit Qiu Zixuan en souriant.
Cette expression… Il ne l’a connaissait que trop bien. Depuis qu’il avait été blessé, Qui Zixuan l’avait que trop vue. Il n’avait ni besoin de sa compasssion, ni de sa pitié.
« Tu espères pouvoir retourner sur le terrain ? » demanda Xia Yuhao.
Qiu Zixuan ne dit rien.
Comment pourrait-il ne pas le vouloir ? Mais que pouvait-il y faire ?
Xia Yuhao s’était rendu compte de son erreur au moment ou les mots avait quitté sa bouche. En voyant la frustration qui crispait les traits de Qiu Zixuan, il se maudit intérieurement et eut envie de se gifler !
Pourquoi était-il aussi maladroit ?
Ses yeux furent attiré par la serviette qui avait refroidi sur le pied gauche de son ami. Pris d’un élan soudain, il se lève brusquement.
« La serviette a déjà refroidi, pas vrai ? Laisse, je vais te la changer. »
Il n’attendit pas la réponse de Qui Zihuan, qu’il s’empara de la serviette et s’éclipsa.
Qiu Zixuan se laissa tomber en arrière contre son casier et se couvrit les yeux de ses deux mains.
Lorsqu’il ferma les yeux, il pouvait encore entendre le son du ballon résonner dans ses oreilles, ainsi que l’enthousiasme de la foule et le tonnerre d’applaudissements… Mais malheureusement, plus rien de tout cela ne lui appartenait. Les larmes se mirent à couler. La seule chose qu’il pouvait faire à présent était de se donner corps et âme pour que l’équipe de volley-ball continue de briller et réalise ses propres rêves inachevés.
Oui… Il pouvait le faire, tant que Xia Yuhao était à ses côtés.
Sans même s’en rendre compte, il avait déjà placé tous ses espoirs en lui.
Il entendit des pas s’approcher, mais il se sentait trop épuisé pour rouvrir les paupières. Il entendit seulement Xia Yuhao murmurer son nom, avant de sentir une chaleur envelopper de nouveau sa vieille blessure.
Un léger sourire se dessina sur ses lèvres.
Xia Yuhao, seras-tu toujours à mes côtés ?
Xia Yuhao retourna au coin de repos avec un Qiu Zixuan endormi sur le dos. Heureusement, le sac de couchage de ce dernier était étalé près de la porte, ce qui lui permit de l’installer sans réveiller personne.
La salle était remplie de ronflements bruyants et tout le monde semblait dormir à poings fermés. Xia Yuhao remarqua alors que Chen Jiajun, dans son sommeil, avait réussi à rouler jusqu’au sac de couchage de Qiu Zixuan, au point de serrer littéralement la couverture de ce dernier dans ses bras.
Xia Yuhao ramassa la couverture, avant d’attraper Chen Jiajun qu’il fit rouler sans ménagement jusqu’au mur, avant de le tourner à 90 degrés afin qu’il se retrouve avec les pieds de tout le monde sous le nez. Une fois fait, il retourna enfin auprès de Qiu Zixuan.
Ce type avait un vrai complexe de senior* !
(N/T : Le complexe du senior désigne ici l’admiration profonde et la fascination qu’un élève ressent pour un aîné qu’il prend pour modèle.)
(Note de Ruyi : C’est ironique venant de ta part Xia Yuhao… )
Comme il faisait un peu froid durant la nuit. Il borda soigneusement Qiu Zixuan avec la couverture avant de s’allonger à ses côtés. En observant le visage endormi de ce dernier, il sentit le sommeil le quitter.
Et s’il l’embrassait secrètement, est-ce qu’il s’en rendrait compte ?
Tandis qu’il était perdu dans ses pensées, son visage se rapprocha de plus en plus de celui de son ami. Mais soudain, Qiu Zixuan fronça les sourcils, l’air tourmenté. Il eut un mouvement sous de la couverture. Xia Yuhao souleva doucement le tissu et vit que Qiu Zixuan avait inconsciemment relever sa jambe gauche et que sa main frottait l’endroit où il avait mal.
Est-ce que cela lui faisait mal même dans son sommeil ?
Xia Yuhao recouvrit à nouveau Qiu Zixuan avec la couverture. Puis, il glissa aussi doucement sa propre main sous le tissu pour masser délicatement la vieille blessure. Dans son sommeil, la main de Qiu Zixuan vint saisir celle de Xia Yuhao, puis peu à peu son visage se détendit et il finit par s’apaiser et par s’endormir.
Voyant que Qiu Zixuan semblait désormais profondément endormi, Xia Yuhao reprit courage. Sa main, toujours posée sur la jambe, commença à se déplacer lentement le long de son corps. Sous les vêtements, il devina les muscles fins et la silhouette svelte de son ami. Lorsqu’il atteignit sa taille, le corps de Qiu Zixuan se tendit brusquement, comme si cela l’avait chatouillé. La main de Xia Yuhao se figea aussitôt, craignant de l’avoir réveillé.
Après un long moment, quand il vit que Qiu Zixuan ne se réveillait pas, son audace grandit. Il fit glisser sa main jusqu’au bord du short et la faufila tranquillement sur la peau lisse, sous le tissu. Il se demandait ce qui arriverait s’il le touchait… Et s’il y aurait une réaction.
Soudain, Qiu Zixuan tourna la tête et laissa échapper un léger gémissement. C’était comme s’il rêvait. Xia Yuhao se figea, le cœur battant à tout rompre, avant de réaliser qu’avec les ronflements bruyants qui emplissaient la salle, personne ne pouvait les entendre.
Il humidifia ses lèvres, qui s’étaient asséchées par la tension, et continua de descendre sa main plus bas… Soudain, Qiu Zixuan eut un mouvement dans son sommeil et, sans le vouloir, piégea la main de Xia Yuhao entre ses cuisses. Xia Yuhao sentit son rythme cardiaque s’emballer, comme si son cœur allait bondir hors de sa poitrine.
Il le touchait ! Non seulement il y avait ce contact de peau, mais la réaction de son propre corps s’intensifiait à chaque seconde…
C’était indéniable… Il éprouvait un désir dévorant pour Qiu Zixuan.
Ne pouvant plus lutter, il s’abandonna à ses pulsions et se pressa tout contre lui. La paume de sa main glissa alors doucement vers son bas-ventre, ce qui eut pour effet d’accélérer la respiration de Qiu Zixuan. Sa main, bougea alors imperceptiblement, comme s’il hésitait entre s’arrêter ou s’abandonner enfin au plaisir. Malgré ce trouble, la main de Xia Yuhao, comme mue par sa propre conscience, ne s’arrêta pas. Poussé par l’envie de profiter de l’instant, il laissa ses doigts poursuivre leur route jusqu’à son entrejambe.
La bouche de Xia Yuhao était sèche. Il savait que s’il était découvert, il serait traîné dehors et battu, et que Qiu Zixuan ne le regarderait plus jamais. Pourtant, il était incapable de réprimer son désir ou cette impulsion dévorante de le toucher.
Il lécha délicatement les lèvres de Qiu Zixuan, et sentit le souffle court de ce dernier contre ses lèvres mais aussi l’humidité sous ses propres doigts. Xia Yuhao se sentait chanceux que Qiu Zixuan ne se réveille pas, mais il en fut en même temps un peu déçu. Au fond de lui, une question le brûlait :
Que se passerait-il si Qiu Zixuan découvrait ce qu’il était en train de lui faire ?
Soudain, la main qu’il avait enroulée autour du sexe de Qiu Zixuan devint collante. Stupéfait, il retira lentement ses doigts de sous la couverture. En se laissant tomber sur le dos, il regarda son bas-ventre et constata que son caleçon était également déjà souillé…
Il avait joui simplement en touchant quelqu’un…
Il se frotta le visage de son autre main et laissa échapper un sourire amer.
Xia Yuhao, as vraiment eu un orgasme. Cette fois, tu es vraiment foutu.
À cet âge où la jeunesse rime avec vigueur, il était bien normal, de temps à autre, de découvrir au réveil qu’on avait « dessiné une carte » sur ses draps. Il n’y avait pas de quoi s’inquiéter. C’était simplement le signe d’un trop-plein d’énergie qui ne demandait qu’à être évacué.
En ouvrant les yeux ce matin-là, Qiu Zixuan sentit le froid qui régnait à l’intérieur de son sac de couchage. Il remua avec une moue d’incompréhension, cherchant à chasser la fraîcheur, mais lorsqu’il tourna la tête, il sursauta violemment et manqua de laisser échapper un cri. Xia Yuhao dormait juste là, à ses côtés. Sa main serrait encore doucement sa jambe gauche.
Qiu Zixuan resta pétrifié un instant, tandis que son cœur battait à tout rompre. Il était épuisé la veille et sa vieille blessure l’avait fait souffrir au point de gâcher sa nuit. Pourquoi s’était-il réveillé si tôt, et surtout… Pourquoi son caleçon lui collait-il à la peau ?
Après s’être un peu calmé, il essaya de rassembler les souvenirs de la nuit dernière. Il se rappela qu’au milieu de la nuit, sa blessure ancienne s’était réveillée et que la douleur était devenue insupportable. Il s’était discrètement rendu seul dans le grand vestiaire pour appliquer une compresse chaude. Par coïncidence, il y avait rencontré Xia Yuhao, puis…
Est-ce que je me suis endormi là-bas ? C’est donc Xia Yuhao qui m’a ramené jusqu’ici ? Il a même dormi à côté de moi ?
Qu’en était-il de la main de Xia Yuhao ?
Serait-ce…
Qiu Zixuan jeta un regard vers le bas et fixa son caleçon avec un mélange de culpabilité et d’agacement. Il fut pris d’un doute. Qu’est-ce qui s’est passé ? Était-ce Xia Yuhao qui l’avait touché dans son sommeil, ou était-ce son propre corps qui l’avait inexplicablement trahi durant la nuit ?
Même après que tout le monde se soit levé pour le petit-déjeuner et qu’ils aient effectué leurs premiers échauffements, son esprit était embrumé par le doute et l’embarras.
Xia Yuhao s’était-il rendu compte de son état ce matin ? Comment une telle chose avait-elle pu se produire ?
Sans le vouloir, ses yeux se mirent à chercher Xia Yuhao sur le terrain. Il brûlait de lui demander une explication, de mettre les choses au clair, mais la honte lui nouait la gorge. Finalement, il tenta de se raisonner : si l’autre n’en disait rien, il ferait comme s’il ne s’était absolument rien passé.
Dans deux jours, ils allaient affronter la Ren High dans un match d’entraînement*. Ce n’était pas n’importe quel adversaire. C’était l’une des huit meilleures équipes du groupe A, célèbre pour sa défense surnommée le « Mur de Fer ». Leur entraîneur, un ancien mentor de la professeure Zhong, avait immédiatement accepté l’invitation de cette dernière.
Même He Chengen, le capitaine d’ordinaire si jovial, prenait la chose au sérieux et exigeait que tout le monde se concentre lors de l’entraînement.
« Les troisièmes années, occupez-vous des débutants ! Les deuxièmes, formez une équipe et dépêchez-vous ! »
Tous les joueurs furent rapidement divisés en deux équipes et se placèrent de chaque côté du terrain. Seul Xia Yuhao restait planté au même endroit.
« Xia Yuhao, tu te places en deuxième position ! » cria He Chengen.
Xia Yuhao demanda alors : « C’est où, la deuxième position ? »
He Chengen resta stupéfait, comme s’il n’en croyait pas ses oreilles. Il se tourna vers Qiu Zixuan, le regard chargé de reproches : « Tu ne lui as pas appris les règles ? »
Qiu Zixuan fut pris de culpabilité. Il avait totalement oublié que Xia Yuhao était encore un débutant. Malgré son talent, il ne connaissait rien au placement sur le terrain. On devait donc tout lui enseigner depuis le début.
« Xia Yuhao, la deuxième position est là ! » ordonna He Chengen en désignant un point précis, avant de s’adresser à Qiu Zixuan : « Après le dîner, tu aideras ce gars à suivre un entraînement spécial. Il doit impérativement mémoriser toutes les règles ! »
Le soir venu, le gymnase était plongé dans le calme. Ils n’étaient plus que tous les deux sur le terrain de jeu.
« Désolé, » s’excusa Qiu Zixuan. « Je me suis seulement concentré sur la technique et j’ai oublié de t’enseigner les règles. »
« Ce n’est pas grave, il n’est pas encore trop tard, » répondit Xia Yuhao, qui ne semblait pas du tout contrarié.
De toute façon, si Xia Yuhao avait rejoint l’équipe de volley-ball, c’était dans l’unique but de se rapprocher de Qiu Zixuan.
L’aîné commença à expliquer soigneusement les règles du jeu. Xia Yuhao écoutait avec une attention inhabituelle et lui posait des questions de temps en temps. Pour illustrer la règle du franchissement de ligne, Qiu Zixuan l’emmena près du filet. Puis ils se placèrent chacun d’un côté de la bande blanche.
« Tu dois faire particulièrement attention quand tu es à l’avant. Ne franchis pas la ligne par inadvertance. La limite se réfère au sol, juste sous le filet. Sur cette ligne centrale, tu peux envahir l’espace adverse, mais sans jamais interférer avec le jeu qui s’y joue. Regarde bien… »
Qiu Zixuan joignit le geste à la parole et lui fit une démonstration.
« Durant un match, le pied est la partie du corps qui dépasse le plus facilement. Il faut être vigilant. Si tu te places comme ça, ou si ton pied atterrit ici… » Il posa fermement son pied au-delà de la ligne médiane, dans le camp de Xia Yuhao. « Ça, c’est interdit. »
« Et si c’est une autre partie du corps qui franchit la ligne accidentellement ? » demanda Xia Yuhao.
« Si c’est la cuisse, le buste ou un bras… Il arrive qu’on dépasse la ligne médiane en frappant la balle ou en retombant. Tant que cela n’affecte pas l’action de l’adversaire, ce n’est pas considéré comme une faute. »
Xia Yuhao fixa sérieusement la ligne au sol et grava chaque règle dans son esprit. Pourtant, il y avait bien une question qui le taraudait depuis un moment. Profitant du fait qu’ils étaient enfin seuls et à l’abri des regards, il finit par interpeller Qiu Zixuan.
« Quand tu m’as vu pour la première fois et que tu m’as invité à rejoindre l’équipe… Est-ce que tu espérais que je poursuive tes rêves ? »
Qiu Zixuan le regarda en silence. Au début, c’était effectivement sa seule motivation. Mais à présent, ses sentiments et ce qu’il attendait de Xia Yuhao semblaient avoir évolué vers quelque chose de bien différent…
« Tu n’as pas envie de jouer à nouveau sur le terrain ? Même si ce n’est que pour cinq minutes… »
Le visage de Qiu Zixuan se crispa, avant qu’il ne l’interrompe.
« Un vrai joueur, une fois qu’il est sur le terrain, ne peut plus imaginer le quitter. »
Xia Yuhao sentit aussitôt qu’il venait de commettre une erreur. Il aurait voulu creuser un trou et s’y cacher. Pourquoi lui avait-il demandé ça, alors qu’il ne pouvait manifestement plus jouer ? Même s’il cherchait désespérément son attention, remuer le couteau dans la plaie était la pire des méthodes…
Qiu Zixuan baissa la tête avec un sourire amer. Lorsqu’il se redressa, il avait repris son calme habituel et son expression était redevenue sereine. Il pointa son index vers sa tempe.
« Même si je ne peux plus jouer avec mes jambes, j’ai toujours ceci. Désormais, je joue au volley-ball avec mon cerveau. De l’entraînement des joueurs à la stratégie sur le terrain, tout est là. Tu vois, mon rêve ne s’est pas brisé et il n’a pas disparu. Il continue simplement sous une autre forme. »
Cette manière de se libérer de son traumatisme, cette maturité face à la souffrance, rendaient Qiu Zixuan encore plus attirant aux yeux de Xia Yuhao. Il était définitivement différent de tous les autres.
Pris d’une impulsion qui le poussait vers lui, Xia Yuhao s’avança. Avant que Qiu Zixuan ne puisse réagir, le plus jeune passa ses bras sous le filet pour lui saisir la taille. Il l’embrassa maladroitement à travers les mailles de la corde. Ses lèvres étaient aussi douces qu’il l’avait imaginé.
Ça aurait été tellement mieux s’il n’y avait pas ce filet entre eux…
Soudainement pris au piège de ce baiser, Qiu Zixuan sentit son esprit se vider. Il voulut battre en retraite, mais Xia Yuhao pressa le pas. Son pied gauche heurta la ligne centrale, tandis que son pied droit passa de l’autre côté.
Il avait franchi la ligne.
Il resserra sa prise sur les bras de Qiu Zixuan pour l’empêcher de s’échapper.
« Tu… Tu as franchi la ligne… » bégaya Qiu Zixuan, le souffle court.
« Je le sais, mais ceci n’est pas un jeu », lui répondit Xia Yuhao avant de se pencher à nouveau, voulant embrasser à nouveau ses lèvres à travers les mailles du filet. Sa voix n’était plus qu’un souffle brûlant.
Un silence pesant s’installa dans le gymnase avant qu’il ne lâche ces mots :
« Qiu Zixuan, tu me plais. »
Ce dernier le fixa comme s’il n’arrivait pas à croire ce qu’il venait d’entendre.
« Hier soir, je… » commença-t-il.
BAM !
Xia Yuhao se tint le nez et recula brusquement.
Qiu Zixuan l’avait vraiment frappé !
Bon sang ! S’il était défiguré, il voulait absolument que Qiu Zixuan en prenne la responsabilité !
« Cette blague n’est pas drôle du tout ! » s’écria Qiu Zixuan, la voix tremblante de rage et de confusion avant de s’éloigner.
Hébété, la main sur son nez endolori, Xia Yuhao s’élança vers lui pour le rattraper. Il lui saisit fermement le poignet tout en essayant désespérément de s’expliquer.
« Je suis sérieux ! »
Qiu Zixuan s’immobilisa, mais ne tourna que la tête. Il n’en revenait pas.
« On a un match d’entraînement demain… Est-ce que tu as perdu la tête ? »
Xia Yuhao venait-il vraiment de se confesser à lui ? Ils étaient tous les deux des hommes !
Même s’il n’avait jamais jugé ses amis pour leurs orientations, Qiu Zixuan n’avait jamais imaginé qu’un jour, un garçon lui avouerait ses sentiments ! Le choc était tel qu’il n’arrivait plus à réfléchir. Il voulait juste s’enfuir. Partir loin du gymnase, et surtout loin de Xia Yuhao.
« Je ne voulais pas que ça sorte comme ça, je n’ai pas pu m’en empêcher, mais… » tenta encore Xia Yuhao, mais il fut brutalement coupé.
« Je ne veux pas parler maintenant ! Laisse-moi tranquille ! »
« Qiu Zixuan… »
« Je ne veux plus rien entendre ! »
Qiu Zixuan accéléra le pas, tout en ignorant la douleur lancinante qui irradiait de sa jambe. Son cœur battait à tout rompre. Était-ce de la peur ? De la panique ?
Comment … Comment Xia Yuhao avait-il pu oser lui dire qu’il « l’aimait bien » ? Mais en repensant à chaque instant passé avec lui, une incertitude l’envahit. Il revit soudain l’état compromettant dans lequel il s’était réveillé le matin même…
Est-ce que Xia Yuhao m’a vraiment fait ça ? En y repensant, il se rendit compte qu’il ne pourrait plus jamais lui faire face.
On était le lendemain, au début du match d’entraînement.
Depuis la veille, un froid polaire s’était installé entre eux. Qiu Zixuan fuyait le regard de Xia Yuhao, mais il ne s’attendait pas à ce que ce dernier fasse de même. Au lieu du soulagement espéré, il ressentit une irritation croissante en voyant Xia Yuhao l’éviter délibérément.
Il ne compte donc pas s’expliquer ? Se demanda-t-il, alors qu’il bouillonnait de l’intérieur.
Était-ce vraiment une simple plaisanterie ? Pourtant, il n’avait rien d’un plaisantin… Son regard brûlant, ce bras puissant qui lui avait enserré la taille, et ce baiser… Ce baiser maladroit mais passionné à travers les mailles du filet.
Bon sang, c’était mon premier baiser ! Et c’est à un gars comme lui que je l’ai donné ! Xia Yuhao, tu devrais prendre tes responsabilités !
Plus sa colère montait, plus ses yeux le cherchaient malgré lui. Mais celui-ci ne semblait pas s’en rendre compte et continuait de parler et de rire, même avec He Chengen. Qiu Zixuan remonta ses lunettes d’un geste sec et détourna la tête.
Il ne se rendait pas compte qu’il était jaloux.
Les joueurs de volley-ball de la Ren High entrèrent rapidement sur le terrain. Les jumeaux de l’équipe adverse attiraient particulièrement l’attention. L’un d’entre eux était le principal attaquant et l’autre était chargé de la contre-attaque rapide. Leur défense était aussi solide que leur réputation le laissait présager.
Dans le premier set, les deux équipes semblaient avoir la même force, et les points se multiplièrent. Chen Jiajun, le principal attaquant, marqua beaucoup de points. Autant dire qu’ils comptaient sur lui pour remporter le premier set.
Au coup de sifflet final du set, les joueurs regagnèrent leur zone de repos. Chen Jiajun, trempé de sueur mais exalté, courut immédiatement vers Qiu Zixuan pour se vanter de sa performance.
« Senior, tu as vu ça ? J’ai marqué douze points à moi tout seul ! La défense du « Mur de Fer » de Ren High n’était pas si impressionnante que ça ! »
Qiu Zixuan se contenta d’un sourire et lui tapota le bras.
« Tiens bon et continue. »
Quel imbécile, pensa-t-il, tu n’as pas vu que les jumeaux sont toujours assis sur le banc ?
Le premier set n’était qu’un cadeau, une occasion pour la Ren High de laisser ses recrues et ses joueurs sur le banc de touche s’exercer, pour que les autres puissent observer les tactiques adverses. Les vrais champions, ceux qui étaient vraiment terrifiants, n’étaient pas encore apparus. Chen Jiajun agissait comme un débutant qui n’avait rien vu du monde et ne pouvait qu’être fier, pour l’instant.
Bien sûr, lors du deuxième set, les jumeaux furent envoyés sur le terrain.
Dès qu’ils entrèrent en jeu, ils lancèrent immédiatement une attaque à longue distance et marquèrent avec une facilité déconcertante. Chen Jiajun et les autres joueurs restèrent cloués sur place, sans même avoir le temps de réagir.
« Qu’est-ce qui se passe ? Comment ont-ils pu marquer en moins d’une demi-minute ? »
Voyant son équipe en état de choc et découragée, He Chengen frappa dans ses mains et cria : « Ce n’est rien ! Tout le monde en défense, on peut l’encaisser ! »
Les joueurs reprirent leurs esprits et se mirent en position, mais à la balle suivante, Ren High utilisa une attaque rapide pour marquer à nouveau. He Chengen jeta un coup d’œil aux jumeaux et ne put s’empêcher de leur adresser un doigt d’honneur. Ils ne pouvaient pas piétiner le cœur des petites recrues aussi délibérément !
Par la suite, Ren High enchaîna les attaques éclairs grâce à la coordination parfaite des jumeaux. Chen Jiajun qui avait été incapable de les contrer, voyait les points défiler et sentait l’anxiété le gagner. Même lors de la pause demandée par la professeure Zhong, il restait fébrile, pressé de retourner sur le terrain pour se venger. Mais une fois de retour, son agacement le rendait maladroit et il continuait d’offrir des points à l’adversaire.
C’est alors que l’un des jumeaux commença à le provoquer : « Tu es sûr d’être l’attaquant principal ? » L’autre jumeau enchaîna aussitôt : « Pourquoi Qiu Zixuan ne joue pas ? Pourquoi ont-ils envoyé un débutant comme toi ? »
Chen Jiajun ne pouvait que serrer les dents de rage, puisqu’il étaient dans un match. Sur son service suivant, la balle s’envola hors du terrain, offrant le point et le deuxième set à Ren High. De plus en plus mal à l’aise et impétueux, il n’écoutait même plus les conseils et les tactiques de son entraîneur.
Au début du troisième set, Ren High attaqua agressivement. Chen Jiajun multipliait les erreurs. Sur un service haut, il manqua totalement sa réception en rangée arrière et s’effondra même au sol.
« Pause ! Pause ! » s’écria la professeure Zhong en faisant le geste de temps mort. « Le numéro 7, Chen Jiajun, sort. Le numéro 13, Xia Yuhao, entre ! »
Cet ordre de remplacement soudain choqua tout le monde, à commencer par Chen Jiajun mais aussi Xia Yuhao lui-même.
Ce chapitre vous est présenté par la Dragonfly Serenade : Traductrice • Ruyi ⋄ Correctrice • Ruyi
・.ʚ Voilà la fin du chapitre ɞ .・

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